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Le 20 Mai 2012
Le bâtiment Second Empire
Les symboles de la Préfecture
La composition architecturale telle qu'elle est conçue par Durand, permet à trois espaces fonctionnels de cohabiter, se répartissant dans un bâtiment composé d'un corps central allongé flanqué de deux ailes en retour d'équerre. Le bâtiment central ou " hôtel du préfet " est associé à la fonction résidentielle et de réception, avec les appartements de réception au rez-de-chaussée et les appartements privés à l'étage ; dans l'aile sud, ont été logés les services préfectoraux ; dans l'aile nord, ceux du Conseil général. L'espace dévolu aux archives est construit nettement séparé du reste afin d'éviter tout risques d'incendie alors particulièrement prégnants.
L'hôtel de préfecture symbolise le pouvoir du préfet et l'ancre dans la ville.
Il s'agit donc d'ériger un monument digne du représentant de l'empereur et lui permettant de recevoir avec honneur tout hôte de marque, d'y organiser des réceptions pour les grands événements de la vie locale.
Le style des édifices construits sous Napoléon III se forme à partir d'emprunts à divers courants stylistiques d'époque différentes, c'est ce que l'on nomme l'éclectisme. Concernant la préfecture de Poitiers, c'est le style Louis XIII, dont l'emploi de la brique et pierre est caractéristique, qui constitue la référence la plus explicite, mais on peut également pointer des éléments appartenant par exemple au style Louis XIV tels que les pots à feu drapés ou encore les mascarons.
L'extérieur du bâtiment
Le programme iconographique du décor sculpté extérieur est majoritairement constitué de références explicites à l'Empire. L'entrée principale est ainsi ornée du chiffre de l'empereur, le N couronné de chêne.
De plus, surmontant les pavillons qui rythment les façades sur la cour d'honneur, des frontons triangulaires reçoivent aigles impériales et armoiries politiques, la même aigle, ailes déployées, envahit l'espace de ceux donnant sur la place Aristide-Briand.
L'intérieur du bâtiment
A l'intérieur, les aménagements fastueux sont réservés à l'hôtel du préfet et à certaines pièces ayant une fonction particulièrement prestigieuse.
Les plafonds sont ornés de médaillons stuqués, notamment dans les appartements de réception à l'étage, ou encore de décor en haut relief dans la salle des délibérations du Conseil général, ou même de médaillons peints, ainsi ceux de deux bureaux du rez-de-chaussée.
Les murs sont couverts de lambris de hauteur tandis que les dessus de portes reçoivent frontons brisés et cartouches. Les cheminées de marbre, principalement de styles Louis XIII et Louis XIV ont été réalisées par Loichemolle, marbrier-sculpteur à Paris.
Le mobilier est également commandé à Paris. Deguil, menuisier-ébéniste, associé à Fournier, tapissier, répond à l'essentiel des commandes. Beaucoup d'ensembles mobiliers sont alors réalisés, même si certains meubles étaient déjà utilisés à l'ancienne préfecture, comme le bureau noir du cabinet du préfet, peut-être en partie d'époque mais assurément largement repris sous le Second Empire.
