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Préfet de la Vienne

Le 20 Mai 2012


Une grande opération d'urbanisme

Le projet urbanistique

Projet de restructuration du quartier de la nouvelle préfecture : emprise du bâtiment et des jardins, tracé de la place de la préfecture, percement de la rue Impériale, 1864. Dessin.

Suite à la condition posée par le Conseil général - percer une voie de communication entre la place d'Armes et le futur hôtel de préfecture - il appartient à la Ville de Poitiers de prendre sa décision avant le 1er janvier 1861.

La ville semble alors déjà engagée, comme beaucoup d'agglomérations sous le Second Empire, dans une entreprise de rénovation de son centre ancien. Dans une lettre adressée au maire, le préfet souligne en effet que " depuis des années, il a été exécuté de nombreux travaux dans presque tous les quartiers de la ville ; ceux qui s'achèvent en ce moment, tels que le marché de Notre-Dame, le boulevard de Solferino, le boulevard sous Blossac dû à l'initiative de mon honorable prédécesseur, témoigne de l'intelligente volonté de satisfaire aux besoins de la population ". Et d'ajouter, car il argumente alors en faveur de la nouvelle voie à percer : " mais une amélioration conduit à une autre, plus on fait, plus on reconnaît la nécessité de faire ; telle est l'exigence du
progrès "
. Le percement de la rue Impériale est voté par le Conseil municipal le 17 juin 1861.

Outre cette volonté manifeste d'embellissement, la Ville voit dans ce percement l'occasion de promouvoir un autre de ses projets : celui de la construction d'un nouvel hôtel de ville, en débat également en 1860. En effet, ainsi que l'explique le préfet à son ministre, " par une coïncidence heureuse, le département de la Vienne et la ville de Poitiers, avaient simultanément à reconstruire le premier son hôtel de préfecture, l'autre son hôtel de ville. Des projets d'ouverture d'une large voie destinée à mettre la place d'Armes en communication avec le plateau qui domine la gare des voyageurs avaient aussi été étudiés. Dès que je fus au courant de la question, je compris qu'il fallait profiter de cette circonstance pour réaliser un plan d'ensemble ".
Pour réaliser ce projet d'envergure, le préfet est cependant contraint de revoir l'emplacement initialement prévu pour son hôtel puisque celui de l'hôtel de ville est fixé, après nombre débats, au côté est de la place d'Armes, ce qui pose un problème d'alignement et de symétrie.

Entre réactions et enthousiasme

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Ce double projet, de construction d'un hôtel de préfecture et d'un hôtel de ville et de percement d'une nouvelle voie les reliant, suscite nombre débats et réactions contradictoires des Poitevins.

L'architecte de la ville, Fournier, est quant à lui plutôt enthousiaste : " Outre ces avantages que notre projet présente, il en est un autre, c'est que sur ce point il donne une physionomie nouvelle à la cité et toutes ces maisons qui vont être sous le choc de la destruction reparaîtront bientôt plus belles et plus élégantes ! Oui ! c'est en détruisant que nous pourrons obtenir de bons résultats ; Après le chaos de la destruction apparaîtra le calme et la satisfaction générale ; notre cité y gagnera donc."

Le percement de la rue Impériale

La place Aristide Briand depuis le balcon de la préfecture, avec l'hôtel de ville en perspective, vue panoramique

Afin de ménager un effet monumental, les architectes imaginent, comme prolongement de la rue Impériale et précédant le nouvel hôtel, une forme originale pour la place de la préfecture.
Les premiers plans proposent souvent une place discontinue ; finalement, en 1866, l'architecture Durand soumet le projet de dégagement semi octogonal sur lequel débouchent la rue Impériale, la rue des Ecossais, entièrement repensée, mais également le boulevard de la préfecture (actuel boulevard Solferino) qui permet ainsi un accès direct de la place à la gare des voyageurs. Gaëtan Guérinot dessine les élévations brique et pierre, en harmonie avec les façades de l'hôtel de la préfecture. Les constructions s'achèvent en 1878. C'est à ce même architecte, Guérinot qu'est confié le projet et la construction du nouvel hôtel de ville entre 1869 et 1875.

En somme, ce projet global d'urbanisme, depuis les premières décisions en 1860 jusqu'aux dernières constructions, à la fin des années 1870, propose un témoignage, sans doute parmi les plus remarquables, de rénovation urbaine dans la ville de Poitiers sous le Second Empire.